J'étais seule dans mes pensées, et je marchais. Je marchais sans m'arrêter, tournant à chaque coin de rue, afin d'échapper à cette foule. Une chose en particulier m'obsèdais : me sauver. Partout autour de moi se trouvaient des centaines de gens. Ils n'avaient pas l'air de me remarquer particulièrement, mais je me sentais épié sans arrêt. Impossible de s'échapper de ce rassemblement. Les gens me bousculaient, parfois, sans s'excuser. Je les observais, tous sans exception ! Certains avaient l'air pressé et se faufilaient tels des anguilles entre les passants. D'autres se promenaient juste en sifflotant. Moi, je cherchais à fuir.
Pourquoi ?
J'avais atterris dans cette grande rue complètement au hasard. Je m'y étais aventurée trop loin et surtout, surtout trop longtemps. J'étais prisonnière de cette foule. Maintenant, je cherchais un moyen pour m'évader, mais à chaque fois que je repérais une ruelle déserte, une horde de personne m'entrainait plus loin et me barrait la route.
Une sentation de peur mêlée à de l'angoisse comprimait mon petit coeur. Je regardais partout autour de moi et ne voyais que des humains qui me dominaient d'une tête et au-dessus, le ciel, d'une gris triste et morne. Le bruit que faisait les passants ressemblait a un bourdonnement désagréable, qui avait le don d'agacer la plupart des gens. Ce bruit me renderait à un moment ou à un autre, folle.
Je devenais claustrophobe... !
Ma respiration devenait plus bruyante et irrégulière, mon souffle saccadé et mon poul s'emballait. La peur me prit à la george et m'affola. Que devais-je faire ? Je me décidai et hurla le visage levé vers le ciel :
"Au secour !"
Rien. Personne ne vint à ma rencontre. Je regardais autour de moi et examinais les gens qui passaient. Aucun d'eux ne se souciait de moi. J'étais passée inaperçut, alors que je venais pourtant de m'époumonner. Leur visage était resté inexpressif pour la plupart d'entre eux. Je tournais sur moi même, cherchant désespérément un moyen pour me sortir de là. La panique prit le dessus sur la raison. Ce bruit de fond me donna envie de m'arracher les cheveux. Mes jambes fléchirent sous le poids de l'angoisse. je me retrouvais agennouillée sur le bitum dur et froid. Et personne là encore ne fit attention à moi.
J'étais sur le point de sombrer.
Je m'assis correctement. Les passant continuaient à m'ignorer et m'évitaient de justesse. Leur manteau, parfois, me frolait le dos. Je calais ma tête entre mes genoux et pris une profonde inspiration. Je me bouchais les oreilles et fermais les yeux...
Je m'imaginais alors, libre, courant au grand air, dans un immense pré en fleur. Je me voyais rire à pleine dent, la joie gravée sur le visage. Je sentais le vent caresser ma peau et le soleil la chauffer. Et l'air qui passait dans mes cheveux détachés les faisait voleter au dessus de mes épaules. Cette sensation de liberté me grisa un léger instant. J'essayais d'oublier que je me trouvais dans un endroit sans issue et laissais cette impression de bonheur me submergé.
Tout à coup, quelqu'un posa sa main sur mon épaule et m'appela :
" Louise ? "
Je relevais la tête et crus alluciner. Je voyais ma mère, penchée au dessus de moi.
" Louise, répéta-t-elle, tu vas être en retard. "
Je pris soudain conscience de tout. Je ne me trouvais pas dans une rue envahie par des gens, je n'étais pas prisonnière non plus, je n'étais pas devenue claustrophobe, et personne ne m'ignorait. J'étais juste dans ma chambre, allongée sur mon lit, la couette à moitié par terre et mon cou était trempé de sueur. Cela n'avais été qu'un cauchemard, juste un mauavais rêve à balayer !
Je respirais encore trop vite et mon coeur battait toujours aussi fort. Tout Cela avait pourtant semblé si réel... Les rêves sont parfois plus que réaliste. J'avais quand même retenue une chose : devenir claustrophobe était une des pire chose qui pouvait m'arriver ! Il n'empêche que la prochaine fois que je courrais dans un pré en fleurs, je savourerais mieux cet instant et profiterais de ma Liberté !